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La crise à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a connu un tournant décisif hier soir. Le Collectif des amicales de l’UCAD, qui se présente comme la « seule structure légitime engagée dans la défense des intérêts des étudiants », a annoncé la suspension de son mot d’ordre de grève pour une durée de 48 heures. Cette décision fait suite à une médiation menée par d’importantes figures religieuses.
Entre 18h et minuit, le Collectif a reçu deux délégations de guides religieux, notamment le Khalife général de Bambilor et Serigne Moustapha Absa Tilala.
Après de longues discussions sur la situation critique que traverse l’université et les nombreux blessés enregistrés ces derniers jours, les deux autorités religieuses ont exprimé leur « pleine compréhension du combat mené par les étudiants », selon une note du Collectif. Elles ont demandé « non pas de lever la grève, mais d’accepter une suspension de 48 heures », afin de leur permettre d’intervenir personnellement dans la résolution de la crise et d’éviter de nouveaux affrontements.
Un ultimatum de 48 heures à l’État
Les médiateurs ont affirmé être des « personnalités écoutées, influentes et reconnues pour leur rôle de médiation et de paix ». Ils se sont dits prêts, si nécessaire, à « prendre directement contact avec le Président de la République », rapporte le Collectif. Ils ont également averti que si l’État ne prend pas ses responsabilités dans le délai imparti, ils s’impliqueront pleinement dans le processus pour aider à trouver une issue, ce qui donnerait une toute autre dimension à la situation.
Le Collectif précise que c’est par respect pour ces autorités religieuses, qui se sont déplacées et ont pris l’engagement de s’investir dans cette médiation, qu’il accepte de surseoir au mot d’ordre pour 48 heures . Toutefois, cette suspension reste conditionnelle : le Collectif exige l’annulation de la note autorisant l’entrée des forces de l’ordre sur le campus ainsi que la cessation de toutes les activités pédagogiques.
Enfin, le Collectif des amicales de l’UCAD réaffirme son engagement total, sa détermination et son sens de la responsabilité pour défendre, jusqu’au bout, « les intérêts légitimes des étudiants », marquant ainsi une pause stratégique dans l’attente d’une intervention gouvernementale.




