Véhicules à l’Assemblée nationale : un bulletin de santé après les funérailles

Les Sénégalais connaîtront toute la vérité au sujet de l’acquisition des véhicules par l’Assemblée nationale. L’Assurance est de son président El Hadji Malick Ndiaye. Tout le processus sera expliqué à savoir les prix, le fournisseur… Pour que tout soit clair, El Malick est même prêt à organiser un point de presse avec la commission des marchés et la questure de l’Assemblée. Mais tout cela se fera après la clôture du marché. Autrement dit, le bulletin de santé sera révélé après les funérailles de ce dossier.

Une question se pose alors : à quoi bon donner les informations aux députés et aux Sénégalais si tout est déjà fait ? Dans une gestion collégiale et transparente, les Sénégalais, ceux qui les représentent en particulier, doivent disposer de toutes les informations, étape après étape. Rappelons que 76 véhicules sont déjà livrés, soit environ la moitié du marché. Or, à ce jour, les députés ne sont informés ni sur le montant, ni sur le fournisseur, encore moins les autres informations utiles de ce dossier.

Pour toutes excuses, El Malick Ndiaye demande à Thierno Alassane Sall de privilégier les canaux internes et officiels du parlement. C’est le moment de rappeler à El Malick que c’est à lui qu’il appartient de communiquer ces informations à ses collègues au moment opportun. Dans un souci de transparence, il n’a pas à attendre qu’un député fasse la demande pour disposer des bonnes informations. Cette démarche est en totale rupture avec les engagements de Pastef.

D’ailleurs, à quoi bon de communiquer les détails après l’exécution du marché. Ce timing veut dire que ses collègues n’ont pas leur mot à dire dans cette gestion, encore moins les Sénégalais. L’Assemblée nationale est le lieu où la politique du chef de l’État est débattue. En dépit de sa toute-puissance, le président de la République soumet ses décisions à la représentation parlementaire. Toutes les questions sont débattues avant adoption, à quelques exceptions. Pourquoi alors le président de l’Assemblée devrait se soustraire de l’appréciation de ses collègues.

Ce marché de véhicules devait faire l’objet de discussions avant validation. A défaut de consensus, que la majorité l’emporte. C’est la démocratie. Mais au moins, ce débat aurait eu le mérite de révéler le prix unitaire d’un véhicule, le nombre exact, le fournisseur, les conditions de cession aux députés. Car, au-delà des points d’attention comme le prix et le fournisseur, il y a des questions non moins importantes : qui assure l’entretien, le député ou l’Assemblée, à quelle condition ? pour quel budget annuel ?

La question de fonds ici consiste à dire que l’Assemblée nationale doit arrêter de fonctionner comme l’armée où presque tout est tabou. C’est l’institution qui contrôle l’action de l’Exécutif ; elle doit faire preuve d’un minimum de transparence. S’il faut changer les textes, c’est le moment, car les députés ont plusieurs fois été convoqués pour moins que cela. Cette rupture tant promise commence par la remise en cause de certaines pratiques. Il ne s’agit pas uniquement d’invoquer sa bonne volonté pour dire que l’Assemblée nationale a passé un marché alors que rien ne l’y oblige. Il faut plutôt légiférer dans le sens de la transparence.

El Malick Ndiaye n’est pas accusé que par l’opposition, une députée de son propre camp dénonce sa gestion. C’est peut-être le moment pour lui de revoir sa copie. Le peuple a besoin d’un diagnostic pour un vivant, pas pour une dépouille.

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