
Le Sénégal est en train de vivre des moments inédits de son histoire politique et institutionnelle. La nouvelle constellation politique et la discorde entre le chef de l’Exécutif et le chef de la majorité parlementaire mettent les institutions à l’épreuve. En effet, les récentes déclarations du président de l’Assemblée nationale témoignent d’une véritable rupture du dialogue entre les deux institutions. Ainsi, une bataille ouverte s’annonce, qui risque de plonger le pays dans une situation de conflit qui entraînera certainement des répercussions sur la marche de l’économie de notre pays et sur le climat des affaires.
À l’état actuel des choses, il est impossible de procéder à une révision constitutionnelle sans le consentement du Président de la République. Si le chef de l’Exécutif n’est pas d’accord sur un texte proposé, il est impossible que ce texte puisse être validé jusqu’au bout. La majorité parlementaire, initiatrice de la proposition de révision de la Constitution, en a fait les frais. En raison du refus d’appliquer le vote bloqué, le recours devant le Conseil constitutionnel peut toujours conduire à l’invalidation d’une loi de révision votée par l’Assemblée.
De ce fait, nous lançons un appel à tous les acteurs des deux côtés afin qu’ils mettent la patrie en avant et s’engagent dans des concertations inclusives pour aboutir à un texte consensuel. C’est la seule et unique voie qui pourrait nous sortir de ce bras de fer et épargner au pays une crise aux effets négatifs et aux ramifications multiples sur l’environnement socio-économique.
Il faut une large concertation du camp présidentiel et de celui de la majorité parlementaire afin de trouver un consensus pour valider un document final, qui sera soit déposé à l’Assemblée nationale, soit proposé au référendum.
Babacar Ndiogou
Jappo Yessal Kaolack




