“Bour ba Kaloum”, à l’épreuve de la fin de règne entre désamour populaire et course contre le temps (Par Babacar Ndiogou)

Son règne touche à sa fin, mais Sa Majesté « Bour ba Kaloum » manifeste désormais un désir impérieux de reconquérir les cœurs et d’obtenir un mandat pour le prolongement de son règne sur le territoire conquis à travers les urnes. Le désamour est sans appel. Le roi n’est pas conscient que ces idées sont en complet déphasage avec les aspirations d’une bonne partie de ses concitoyens.

Par ailleurs, il faut souligner que notre souverain a réalisé quelques progrès positifs, mais ils restent encore insuffisants au regard des attentes de ses administrés, qui avaient placé un espoir gigantesque en Sa Majesté. Désormais, c’est la course contre la montre pour rattraper le temps perdu. On sent une véritable obsession de reconquête du Kaloum après quatre ans de règne. Mais, à mon sens, les Kaloum-Kaloums ont tourné le dos à Sa Majesté.  On lui reconnaît certes des mérites, étant celui qui a contribué à faire renaître notre « kholou Deukk bi ». Cependant, ce dernier agonise à petit feu, par défaut de créativité et d’initiatives réelles pour stimuler un véritable dynamisme. La dernière action, contestée par plus d’un, qui a consisté à créer un marché sur la rue longeant la façade Est  du « Kholou Deukk bi », pourrait redynamiser cet espace.  L’une de ses prouesses, qu’on pourrait également lui reconnaître, est le fait qu’il a réussi à attirer une grande distribution de masse à s’installer au sein du « kholou Deukk bi », alors même qu’il avait défendu dans le passé publiquement que l’implantation de cette grande marque de distribution ne se ferait pas dans le Kholou Deukk bi.

Notre souverain, souffrant d’un profond désamour après à peine trois années de règne, certainement agacé par l’insatisfaction de ses administrés, reste sur ses gardes, toujours prompt à la riposte médiatique ou par réseaux sociaux interposés. Avec sa batterie de conseillers en défense, il contre-attaque à la moindre contradiction. Certains de ses contradicteurs, parmi ses administrés, reçoivent par moments des sommations pour s’expliquer devant l’arbitre de la justice. Ces pratiques, devenues fréquentes sous le règne de sa majesté « Bour ba Kaloum », refroidissent le cœur des administrés et accentuent la perte d’affection et de sympathie. Certainement, cela l’aurait poussé à ne plus aspirer à solliciter à nouveau les voix des Kaloum-Kaloums. Publiquement, sur l’une des télévisions de la place, notre souverain déclare ne pas vouloir continuer son règne sur Kaloum après la fin du quinquennat. Toutefois, Sa Majesté revient affirmer qu’aucun parmi les courtisans qui fréquentent la cour royale ne dispose des facultés nécessaires pour régner sur Kaloum. Sa régence s’achève inéluctablement; on n’en doute pas au vu des réactions des administrés. Même avec un dauphin, son cercle ne pourrait pas inverser la tendance.

En outre, ne voulant pas être détrôné, il s’efforce d’apaiser et de satisfaire la population de Kaloum. En effet, l’odeur de la peinture se dégage à l’hôtel du centre-ville, sur les routes et dans les périphéries. Des trottoirs ont émergé le long de la route 4, trajet sur lequel Sa Majesté circule pour rejoindre le centre du trône. De plus, de petites plantes et des palmiers sortent du sol. On constate également des trottoirs sortis de terre le long de ce trajet barricadé et jalonné de potelets en métal, reliés les uns aux autres par des chaînes d’acier. Bien sûr, ce sont des initiatives à saluer, qui méritent notre soutien. Il faut toutefois souligner que les potelets et les chaînes qui ferment la chaussée constituent un danger, du fait de l’étroitesse de la route. Il faudra donc assurer un suivi technique efficace et veiller à repeindre ces structures métalliques chaque année afin d’éviter la rouille, tout en prévenant les marchands de ferraille avant que des brigands ne déboulonnent et ne dérobent ces poteaux de fer pour les brader à vil prix.

Beau parleur, Sa Majesté, roi de « Kaloum », puise à répétition dans le Livre sacré de Dieu des vers qu’il utilise subtilement et minutieusement pour étayer ses argumentations. Cela fonctionne, car il a réussi à subjuguer un bon nombre d’entre nous, croyants, par de beaux vers du Seigneur des mondes. Déclamer avec éloquence la vérité de ces vers est une chose, mais les appliquer en est une autre, on l’aura compris.

Nous lui souhaitons de terminer son règne avec lucidité et de se concentrer uniquement sur des activités lucratives, son domaine de prédilection. Nous sommes convaincus que Sa Majesté, après sa destitution, pourra continuer à servir sa collectivité dans d’autres domaines.

Babacar Ndiogou

Jappo Yessal

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