
Le Bour Sine Mahecor Diouf, figure emblématique du royaume du Sine, est le fils de Sangui Birame Mbarou et de Mbacké Ndiaye. Ce dernier était le fils de Goum Ndeb, sœur de Coumba Ndofène fa Maak Diouf, un autre roi légendaire du Sine.
Après avoir fréquenté l’école française, Mahecor s’engagea dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale . Il combattit notamment dans la région des Dardanelles, d’où il revint grièvement blessé mais décoré pour sa bravoure. En 1921, il reçut l’Ordre national du Lion, l’une des plus hautes distinctions du Sénégal.
De retour au pays, il fut nommé chef de canton de Ngayohème, puis de Ganas, avant d’être intronisé Bour Sine et chef de canton de Diakhao. Son intronisation eut lieu un vendredi, par le Djaraaf Mbagne Diougour Diamani, au détriment de son frère Maïssa Pal Diouf. Ce dernier, déçu, retourna à Ndoffène chez sa mère avec ses partisans.
Malgré ces tensions, Mahecor Diouf sut préserver la stabilité du royaume et maintenir la dignité du trône du Sine durant la période coloniale. Il entretint de bonnes relations avec les guides religieux de son temps et se distingua par son attachement aux valeurs culturelles sérères.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, alors que montaient les revendications pour les indépendances, il œuvra pour la préservation du royaume et de la royauté sérère.
Il fut également l’un des principaux informateurs du chercheur Henri Gravrand, qui passa dix-sept ans dans le Sine pour étudier la civilisation sérère. Gravrand rapporte que le roi Mahecor souhaitait organiser des « assises nationales du Sine » consacrées à la culture et à la spiritualité sérères, un projet qui ne vit malheureusement jamais le jour.
Face aux pressions de l’administration coloniale, Mahecor refusa de renoncer à la royauté pour devenir simple chef de province. Il demeura jusqu’à la fin Bour Sine et gardien de l’héritage royal du Sine.
Le roi Mahecor Diouf s’éteignit en 1969




