Cas Farba Ngom : incohérences judiciaires et inquiétudes républicaines

Le traitement du dossier de Farba Ngom soulève aujourd’hui de sérieuses interrogations dans l’opinion publique. En effet, alors que Tahirou Sarr, présenté au départ comme son complice présumé, a été libéré, Farba Ngom, lui, demeure toujours en détention. Cette situation crée un profond malaise et alimente un sentiment d’injustice difficilement compréhensible pour les citoyens.
À la grande surprise générale, Madame le Ministre de la Justice a déclaré, lors d’une conférence de presse, que Farba Ngom détenait deux téléphones portables contenant des vidéos à caractère pornographique, qualifiées de « graphiques » et susceptibles, selon elle, de déstabiliser la République. Une telle affirmation appelle plusieurs questions fondamentales.
D’abord, depuis quand la détention de téléphones portables, aussi condamnable soit-elle en milieu carcéral, constitue-t-elle un motif suffisant pour maintenir un citoyen en prison, surtout lorsque son supposé complice est libre ? Ensuite, en quoi des vidéos, aussi immorales ou choquantes soient-elles, représentent-elles une menace directe pour la stabilité de la République, au point de justifier une détention prolongée ?
La justice d’un État de droit doit se fonder sur des faits clairs, des infractions légalement établies et une application équitable de la loi. Elle ne doit ni surprendre, ni choquer, encore moins donner l’impression d’un acharnement sélectif. Lorsque les arguments avancés semblent changer ou se déplacer, la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire s’effrite dangereusement.
Notre République est forte lorsqu’elle est juste, cohérente et impartiale. Elle se fragilise lorsque la justice paraît à géométrie variable. Le peuple a besoin de vérité, de clarté et surtout d’égalité devant la loi. Le cas Farba Ngom mérite donc des explications plus convaincantes, loin de toute émotion, de toute pression et de toute instrumentalisation.
Car au final, ce n’est pas seulement le sort d’un homme qui est en jeu, mais la crédibilité même de notre justice et le respect des principes fondamentaux de la République.

Masse SÈNE
Membre de la Nouvelle Responsabilité

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