
La déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, affirmant que le gouvernement « fera face » aux enseignants grévistes, a jeté un froid dans le monde éducatif. Cette posture contraste violemment avec les promesses de revalorisation et d’accompagnement du corps enseignant qui avaient été formulées précédemment.
Ancien syndicaliste, M. Sonko sait mieux que personne que les droits sociaux sont le fruit de luttes républicaines. La grève n’est pas une provocation : c’est un droit constitutionnel. C’est le recours légitime de ceux qui attendent que les engagements signés se traduisent enfin en actes.
Aujourd’hui, le malaise des enseignants ne naît pas d’une soif de confrontation, mais du fossé entre le discours d’hier et la fermeté d’aujourd’hui.
L’enseignant sénégalais est un pilier de la République. Le ridiculiser ou banaliser ses revendications, c’est fragiliser l’école et briser la confiance avec l’État.
Face à cette annonce, la réponse des enseignants sera ferme mais responsable : ils resteront debout pour défendre leur dignité et la justice sociale.
Notre message est clair :
1. Respecter les accords signés.
2. Traduire en actes l’accompagnement promis.
3. Privilégier le dialogue sincère à l’escalade verbale.
4. Reconnaître l’enseignant comme le cœur du projet national.
L’histoire du Sénégal prouve que les crises scolaires se règlent par la concertation, non par l’autorité. La responsabilité politique est aujourd’hui d’apaiser et d’honorer la parole donnée.
On ne construira pas une école forte en braquant ceux qui la font vivre au quotidien. Le dialogue et la cohérence sont les seules voies pour préserver la paix scolaire et bâtir l’avenir du pays.




