Progression alarmante des violences faites aux femmes au Sénégal : La prévalence atteint 32% en 2024

Les dernières statistiques de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et des acteurs de la protection révèlent une évolution préoccupante des violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal. La prévalence des violences basées sur le genre est jugée « inquiétante » par les organisations car elle montre une aggravation continue du phénomène : 27 % en 2022, 31,9% en 2023, et 32% en 2024.

Cette progression, expliquée dans le cadre d’un atelier du réseau des médias africains pour la santé et l’environnement (Remapsen) en partenariat avec OnuFemmes, est jugée le signe d’une violence de plus en plus visible, mais aussi plus brutale. L’excision reste une réalité dans plusieurs régions, 20,1 % des filles et femmes sont concernées au niveau national. Dans les zones périphériques, le taux peut atteindre 80 %.

Une persistance qui inquiète fortement, malgré les efforts conjoints de l’OMS, de l’UNICEF et du gouvernement pour éradiquer cette pratique.

Explosion des Féminicides : huit cas enregistrés en six mois

Toujours selon les statistiques, « entre janvier et juillet 2025, huit cas de féminicide ont été recensés ». Ces crimes, souvent accompagnés de violences sexuelles, suscitent une vive indignation. Les statistiques révèlent également de profondes différences selon les régions : Fatick enregistre le taux le plus faible avec 15,1%, tandis que Diourbel présente le taux le plus élevé avec 42,6%. Ces écarts montrent l’importance de stratégies adaptées à chaque territoire.

Le pays est engagé dans de nouveaux instruments continentaux et internationaux. La Convention africaine sur les violences, adoptée en février 2025, est en cours de ratification au Sénégal. Le Protocole de Maputo et la Déclaration de Beijing sont toujours considérés comme des textes de référence. Les Objectifs de développement durable (ODD 5, 3, 10, 11, 16) encouragent les États à renforcer l’égalité, la justice et la protection sociale. À cela s’ajoutent les stratégies nationales : plan d’action GBV, stratégie d’équité et d’égalité de genre, stratégie d’autonomisation des femmes, etc.

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