
Le Silence en »Mouvement » des autorités : N’attendons Pas Les Dégâts Pour Réagir.
Attention au Syndrome du » campus social » . Il faut agir et vite. L’école sénégalaise encore en convalescence.
Aujourd’hui, un silence assourdissant plane sur l’école sénégalaise. Un silence que ni les discours officiels, ni les communiqués, ni même les mots d’ordre de grève ne parviennent plus à masquer. Ce silence, c’est celui des salles de classe vides, des tableaux noirs qui ne s’effacent plus, et des cahiers qui restent vierges.
Depuis des semaines, nous observons, impuissants, une paralysie qui n’épargne plus aucun ordre d’enseignement. Les enseignants, suivant des consignes émanant de diverses obédiences, ont délaissé l’essentiel. Et aujourd’hui, les élèves, dans leur désespoir, prennent le relais d’un mouvement dont ils sont pourtant les premières victimes.
Nous sommes en février. Dans plusieurs académies, les évaluations du premier semestre n’ont toujours pas eu lieu. Le temps pédagogique s’effrite. Les heures perdues s’accumulent, creusant un fossé chaque jour plus profond entre les programmes officiels et les apprentissages réellement dispensés.
Faut-il attendre que les calendriers des examens du moyen-secondaire soient officiellement compromis pour réagir ? Faut-il, une fois de plus, imposer aux élèves un rattrapage express, dans la précipitation et l’angoisse, au détriment de la qualité et de la profondeur des savoirs ?
Nous lançons un appel solennel à l’autorité compétente : il est encore temps de sauver l’essentiel. Conviez sans délai les responsables des mouvements syndicaux autour d’une table. Quelle que soit l’importance, quelle que soit la légitimité des plateformes revendicatives, rien ne justifie que l’école reste en rade. On peut discuter. On peut négocier une suspension du mot d’ordre. On peut, et on doit, dialoguer sans jamais interrompre le fil du service public d’éducation.
Car le véritable combat, aujourd’hui , n’est-il pas ailleurs ?
Pendant que nous nous épuisons dans des bras de fer stériles, le monde avance à une vitesse vertigineuse. Partout, les systèmes éducatifs se réforment, sont améliorés et inventent des pédagogies adaptées aux défis du XXIe siècle. Pendant ce temps, nous en sommes encore à reporter des compositions, à compter les jours de cours perdus, à hypothéquer l’avenir de toute une génération.
Le vrai débat, celui que nous devrions tous avoir, c’est celui des réformes profondes. C’est celui de l’école numérique, de l’éducation pour tous et partout, du relèvement du niveau dans les matières scientifiques, de la création d’un continuum pédagogique harmonieux entre l’élémentaire, le moyen et le secondaire. C’est celui de l’école sénégalaise de demain, celle qui doit former des citoyens libres, éclairés et compétitifs.
Alors, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les syndicalistes, n’attendons pas. Ne refaisons pas les mêmes erreurs. Ne reproduisons pas, année après année, ce scénario qui use les hommes, épuise les énergies et sacrifie les élèves sur l’autel de l’immobilisme.
Asseyez-vous. Parlez. Trouvez des issues. L’école n’appartient ni à un camp ni à un autre. Elle appartient à la nation, à ses enfants, à son avenir.
Réagissez avant qu’il ne soit trop tard. Car quand il sera trop tard, nous reviendrons encore discuter, mais avec des années de retard sur le monde.
Commençons par là où on va terminer après les dégâts constatés.
elimane32@yahoo.fr




