
Cheikh Mohamed Mustapha Mbacké : L’héritage fondateur du premier khalife général des Mourides
Il est né au mois de Muharram 1306 (septembre 1888) à Dar es Salam, à une époque où Cheikh Khadim visitait la ville sainte de Touba ; c’est d’ailleurs durant le mois de Rajab de cette même année qu’il en fit la découverte et la fonda.
Sa mère, Sokhna Aminata Lô — fille de Cheikh Moukhtar Binta Lô et de Sokhna Khary Maam Diop — était une sainte femme vouée à l’adoration de Dieu. Elle s’est éteinte au mois de Ramadan 1310. Ces faits sont relatés dans l’ouvrage *Risala*.
Cheikh Muhammadu Mustapha entama son instruction à Touba aux côtés de son frère, Serigne Fallou Mbacké, à l’initiative de leur père, Cheikhoul Khadim ; ce dernier les confia à Cheikh Ibrahima Mbacké afin qu’ils reçoivent l’enseignement de Serigne Ndaam Abdoul Rahman. Avant son départ en exil en 1895, il étudia également diverses sciences auprès de Sèn Maam Moor Diarra. À son retour d’exil, Cheikh Mustapha retrouva ce dernier en Mauritanie en 1902 ; il l’y rejoignit pour approfondir ses connaissances en sciences religieuses et en langue arabe, ainsi que pour s’initier au soufisme, à l’éducation spirituelle et aux vertus du renoncement aux biens de ce monde, à la richesse et aux honneurs.
Fa la ko Seexul Xadiim dénke woon way yii;_
لا تنس نية لدى كل لياد فإنها تجلب أفضل أياد
أدم قيام ليل دون كسل وبالتلاوة فضولا اغسل
وفر من مجالس الغفول إن الغفول مكثر الأفول
ودنس الغيبة نقّ بالشكور وذكر ربك المكرم الشكور
وانو لنفسك خيورا ولمن رأيته يطلبه كل زمن
Il était aimé et chéri par Sèriñ Tuuba, mais il ne s’acquitta de son devoir d’enseigner, d’élever et de servir ses parents qu’une fois devenu Khalife en…
Le représentant de la famille ainsi que les femmes furent honorés par ses frères et sœurs. En signe de reconnaissance envers l’Honorable, il emmena les femmes à Njaaréem ; comme le relate Sokhna Maymunatu : « Après avoir mangé, nous lui remettions ses vêtements et nous nous essuyions les mains. »
Lorsque Sèriñ Tuuba arriva à Njaaréem en 1330/1912, en provenance de Ceyéen Jolof, il lui ordonna de se rendre à Tuubaa pour y vivre aux côtés de Sheikh Ibrahima Faati.
En 1915, il fit construire des ateliers à Tindoodi ; il y envoya Mohamed Silla Njaaxen, Modou Moukhtar Njaay Nguri et Sèn Modou Faal Paataar pour collecter les récoltes et les transporter à Njaaréem à l’aide de 42 chameaux. En 1919-1920, il agrandit Husnu Ma’ab et y fit construire une maison ainsi qu’une école, qu’il confia à Sèn Maxtaar Aale Lóo. En 1921, il s’installa à Kayel.
Après cette formation, il se rendit à Njaaréem — où il put observer les interactions du Cheikh avec les Européens et les disciples — après avoir été envoyé à Ndar pour rencontrer le Cheikh Siidi Baaba, occasion durant laquelle il interpréta de magnifiques chants. En 1922, il accompagna Sèriñ Tuuba à Ndakaaru et s’installa dans la maison de Jean Caam, que Sène Mustafa avait acquise afin de s’y consacrer à la lecture du Coran et à la prière.
Il fut le bras droit de Sèriné dans nombre de ses affaires, jusqu’au moment où l’État sollicita une aide financière (…) Pour faire face aux difficultés, Sèriné lui confia la somme de 500 000 francs.
L’une de ses œuvres les plus marquantes fut accomplie après le décès de Ku-tedd, survenu en 1927 dans un contexte éprouvant : la famille était sous le choc, les disciples étaient effrayés, les ennemis le cernaient, la sécheresse frappait tout le monde et nul ne savait que faire.
Cette même année, il fut le premier à succéder à son père dans la lourde tâche d’édifier la mosquée, d’instruire les enfants et de subvenir aux besoins de la famille — veillant à ce qu’elle ne souffre ni de faim ni de soif, tout en respectant la Charia et la Sunna. Il fut inhumé à Touba, aux côtés de ses parents. Que Dieu les bénisse.




