
Alors que l’hivernage tire à sa fin, les premières inquiétudes se font déjà sentir dans le monde agricole. Fervent défenseur des cultivateurs, le président du mouvement Aar suñu moomeel, Bassirou Ba, a tenu à alerter sur la mise en place prochaine de points de collecte de l’arachide par l’État. Selon lui, cette mesure risque, comme par le passé, d’interdire l’accès des acheteurs étrangers au marché local.
Une décision qu’il juge préjudicia- ble aux producteurs :« J’invite les agriculteurs à être vigilants. Certains, à la SONACOS comme parmi les opérateurs et huiliers, veulent empêcher l’exportation de l’arachide et imposer des points de collecte, en violation d’un décret présidentiel instauré par le prési
dent Abdou Diouf depuis 1984 », a- t-il dénoncé.
Bassirou Ba a également inter- pellé les autorités, estimant que ces points de collecte n’ont plus leur raison d’être, compte tenu des difficultés récurrentes de paiement de la SONACOS et du non-respect du prix fixé par l’État. « Cette situation va pousser les cultivateurs à brader leur production, les empêchant de vendre le kilogramme à 500 ou 600 francs aux acheteurs étrangers », s’est-il indigné.
Il a par ailleurs averti que cette « forfaiture » pourrait constituer le premier point de rupture entre le gouvernement et les agriculteurs :« Les paysans ont leurs cartes d’électeurs et attendent patiemment », a- t-il lancé, non sans ironie.
Le président du mouvement Aar suñu moomeel a enfin annoncé qu’un plan d’action est en prépara- tion pour contrer cette mesure qu’il considère comme injuste et nuisible aux intérêts du monde rural.




