Abdoulaye Diack, le Baron Socialiste du Saloum

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Abdoulaye Diack (1933-2009) demeure une figure incontournable du Saloum et de la politique sénégalaise. Homme d’État rigoureux, stratège avisé et fidèle serviteur de l’administration, il a marqué son époque par son engagement inébranlable et son attachement indéfectible à sa ville natale, Kaolack.

D’une prestance imposante et d’un regard perçant, il portait toujours cette allure de grand notable du Saloum. Son style sobre mais soigné, souvent en grand boubou traditionnel, traduisait son attachement aux valeurs culturelles sénégalaises. Derrière son apparente austérité se cachait un homme de consensus, un orateur habile qui savait peser ses mots et convaincre avec justesse.

Un parcours politique marqué par le pouvoir et l’engagement

Entre Abdoulaye Diack et Kaolack, c’est l’histoire d’une symphonie inachevée. Après un long exil en France de plus de 20 ans, il revient en force et conquiert la mairie de Kaolack en 1990, marquant ainsi une nouvelle ère dans la gestion locale. Maire de la capitale régionale jusqu’en 1996, il laisse ensuite le fauteuil municipal à Me Ibrahima Bèye pour prendre la tête du tout nouveau Conseil régional de Kaolack. En parallèle, il joue un rôle clé au sein du Parti Socialiste (PS), devenant secrétaire général de l’Union régionale du parti et premier questeur à l’Assemblée nationale pendant deux législatures.

Son ascension politique culmine en 1999 lorsqu’il devient le premier président du Sénat sénégalais. Toutefois, la chute du régime socialiste en 2000 lui sera fatale politiquement, malgré son ralliement au Parti Démocratique Sénégalais (PDS).

Un bâtisseur au service de Kaolack

Au-delà de la politique, Abdoulaye Diack était un bâtisseur infatigable. Son passage à la mairie a été marqué par d’importants projets d’infrastructures, dont la réalisation de la rue Mérignac en partenariat avec la ville de Bordeaux, le lotissement du quartier de Khoudam, ainsi que la construction de cinq nouveaux postes de santé. Sur le plan culturel, il est à l’initiative des Convergences Culturelles, un événement majeur qui a permis à Kaolack d’accueillir le président Abdou Diouf.

Son engagement pour le développement local lui vaut une réélection facile en 1996, mais il choisit de ne plus siéger à la mairie, préférant se consacrer au Conseil régional. Son influence et son dévouement pour sa ville natale restent gravés dans les mémoires.

Un administrateur chevronné : SOTRAC et RTS

Avant de plonger pleinement dans la politique, Abdoulaye Diack a occupé des postes stratégiques dans l’administration publique. Il a notamment été directeur de la SOTRAC (Société des Transports en Commun du Sénégal), où il a contribué à moderniser le réseau de transport urbain à Dakar. Son passage à la tête de cette société lui a permis de démontrer ses qualités de gestionnaire et son sens de l’organisation.

Par la suite, il est nommé directeur général de la RTS (Régie des Transports du Sénégal), un poste où il a consolidé son image d’homme d’État compétent. Son expérience dans ces structures lui a donné une solide expertise en gestion publique, ce qui lui a permis d’aborder avec confiance les hautes sphères du pouvoir politique.

Une relation contrastée avec les Kaolackois

Abdoulaye Diack entretenait une relation complexe avec les habitants de Kaolack. Homme de pouvoir parfois perçu comme distant, il n’en restait pas moins profondément attaché à sa ville natale. Son pragmatisme et son autorité lui ont valu autant d’admirateurs que de détracteurs, mais son engagement pour le développement local était indéniable.

Les Kaolackois se souviennent de lui comme d’un leader qui a modernisé la ville, mais dont le style de gouvernance pouvait parfois être jugé rigide. Malgré tout, son charisme et sa générosité ont marqué

les esprits, et nombreux sont ceux qui, encore aujourd’hui, rendent hommage à son héritage.

Un héritage politique et humain impérissable

Abdoulaye Diack s’éteint le 11 décembre 2009, laissant derrière lui l’image d’un homme entièrement dévoué à sa ville et d’une générosité légendaire. En hommage à son engagement, le lycée de Sing Sing porte aujourd’hui son nom.

Kaolack, orpheline de son baron, continue de se souvenir de lui comme d’un homme d’honneur, fidèle à ses convictions et profondément enraciné dans l’histoire du Saloum.

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