
Elle nous avait habitués à des coups d’éclat. On la présentait comme un génie dans son domaine. Mais derrière son charme, se cachait une femme fragilisée par le flot incessant de critiques qui se déversaient sur elle. Halima Gadji, reconnue comme reine de beauté et artiste de talent, a mené des batailles intérieures épuisantes. Elle a dû faire preuve d’une résilience constante pour affronter ceux qui s’emploient à tirer vers le bas les esprits brillants.
Apparue comme un ange tombé du ciel, elle a été très souvent attaquée par ceux qui portent en eux la négativité. Sa vie reflète la part d’ombre de nos sociétés. Son histoire illustre le destin des âmes lumineuses, constamment ciblées par ceux qui ne supportent pas la réussite d’autrui et cherchent à détruire leur confiance. Elle a mené un combat éprouvant sur le long terme.
Des spécialistes parlent de phénomènes relationnels malsains. Son vécu rejoint celui de milliers de femmes dont la santé mentale a fini par se détériorer, faute de ressorts pour briser les schémas toxiques. À l’ère numérique, la création de faux comptes devient un refuge pour harceler ou briser de beaux élans. Tous les moyens sont bons pour affaiblir un esprit engagé dans une dynamique de croissance.
L’attitude de ces détracteurs rappelle des réalités de nos sociétés : « un esprit libre est une menace pour ceux qui vivent en cage », ou « les victoires bruyantes attirent les couteaux silencieux ». Nul n’est à l’abri, de nos jours, du lynchage numérique orchestré par ceux qui refusent d’affronter leurs propres ombres. Venin sur la langue, poison à la bouche, ils excellent dans l’art de propager de fausses rumeurs. Les personnes authentiques en paient le prix.
Sur les réseaux sociaux, Eva Tra, une célèbre animatrice d’émission télévisée, a exprimé sa colère et encouragé à préserver sa sérénité émotionnelle. « La toxicité est le problème de l’émetteur, pas le vôtre. Protégez votre fréquence : votre lumière ne doit pas dépendre du regard des ombres. Restez libres : la conformité est une prison, la différence est une mission ». Elle rappelle qu’il est possible de préserver sa sécurité émotionnelle.
Chaque cicatrice, chaque épreuve, doit témoigner, à suivre sa logique, d’une survie et non d’une chute. Dans un monde qui attend d’une étoile qu’elle s’éteigne pour mieux lui tresser des lauriers, marquer la différence et l’assumer devient un impératif.
Philosophes, experts en santé mentale et religieux montrent comment irradier de bonheur. Ils offrent, par exemple, des clés à travers l’art de la vertu, principe permettant d’activer sa lumière intérieure. La vertu intellectuelle, la sagesse, l’intelligence, la patience et la vertu morale aident à rester au-dessus de la mêlée.
« En travaillant sur ces valeurs, on a plus de chances de développer sa vertu et donc d’accéder au bonheur. Le secret est simple : être aligné avec ses valeurs, dans la mesure et l’équilibre », renseigne un spécialiste de la santé mentale. Cette philosophie rejoint l’esprit des religions, qui reconnaissent que « l’humain est un être complexe, composé d’éléments contradictoires : lumineux et ténébreux ».
Dans un article sur la mystique du cœur, Pierre Lory, islamologue, titulaire d’une maîtrise en exégèse mystique du Coran et d’un doctorat d’État, souligne l’importance de purifier le cœur pour reconnaître et accepter l’autre dans sa différence. « La fonction du cœur, dans la pensée ghazâlienne, par exemple, est celle d’un miroir. Il est fait pour refléter les lumières divines. Mais les préoccupations égoïstes et mondaines l’ont couvert de rouille et de souillures diverses ».
Pour lui, comme pour d’autres, les rites religieux et les exercices spirituels permettent à l’humain de cultiver sa capacité à se concentrer sur l’essentiel, à entretenir des pensées positives, à atteindre le bonheur et à faire des coups d’éclat. Une recette gratuite…
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