
À l’attention de l’État du Sénégal,
Il est des moments où le silence devient complicité, et où la parole devient un devoir. La situation actuelle au sein du ministère de l’Éducation nationale nous impose, en tant qu’acteurs responsables et engagés, d’adresser un rappel solennel à l’État du Sénégal sur des dérives graves qui menacent les fondements mêmes de notre système éducatif et de notre État de droit.
Le 22 avril 2025, une note officielle du ministère de l’Éducation nationale a convoqué certains syndicats, sélectionnés de manière discrétionnaire, à un atelier de révision du guide du mouvement. Cette démarche repose sur une notion arbitraire de « syndicats les plus représentatifs », dénuée de toute base légale.
Or, par son arrêt n°10/2024, la Cour suprême du Sénégal a clairement annulé les résultats des élections de représentativité syndicale (ERSSEF 2023), en raison d’irrégularités majeures dûment constatées. Cette décision, ayant force exécutoire, s’impose à toutes les autorités administratives sans exception.
Malgré cela, le ministère persiste dans une logique de contournement du droit, en continuant de reconnaître et d’impliquer des entités issues d’un processus électoral invalidé. Une telle attitude constitue non seulement un refus d’exécuter une décision de justice, mais également une atteinte grave aux principes républicains.
Les faits à l’origine de cette annulation sont connus et préoccupants :
✓ Des votes irréguliers, réalisés à la place de certains enseignants ;
✓ Des manipulations ayant favorisé des organisations non représentatives ;
✓ Des listes électorales entachées d’erreurs, de doublons et d’omissions ;
✓ Une proclamation prématurée des résultats, en violation des règles en vigueur ;
✓La mise en place de regroupements syndicaux sans fondement juridique, en contradiction avec les textes réglementaires.
À ces irrégularités s’ajoutent de sérieuses interrogations sur la gestion des ressources financières mobilisées pour l’organisation de ces élections, notamment dans un contexte de dématérialisation du processus. À ce jour, aucun rapport détaillé n’a été rendu public.
Face à cette situation, nous estimons qu’il est impératif que l’État du Sénégal prenne ses responsabilités afin de préserver la crédibilité de ses institutions et la stabilité du secteur éducatif.
Nous demandons avec insistance :
✓ L’application immédiate et sans réserve de la décision de la Cour suprême ;
✓ La suspension de toute activité impliquant des organisations issues du scrutin annulé ;
✓ L’organisation de nouvelles élections transparentes, inclusives et conformes aux textes :
✓ La réalisation d’un audit indépendant sur la gestion du processus électoral de 2023, notamment sur le plan financier.
L’école sénégalaise ne saurait prospérer dans un climat d’injustice, de suspicion et de défiance. Si rien n’est fait, les tensions sociales risquent de s’exacerber, au détriment des élèves, des familles et de l’ensemble de la communauté éducative.
Ce rappel n’est ni une posture, ni une menace. Il s’agit d’un appel à la responsabilité, à la justice et au respect des règles qui fondent notre vivre-ensemble.
Le Sénégal mérite des institutions fortes, respectueuses du droit.
L’école sénégalaise mérite considération, transparence et équité.
Nous restons debout et déterminés.
Par Masse Sène
Chargé de la Formation et des NTIC du SELS/A/Kaolack
Président d’honneur de la Commission Nationale des Jeunes.



