Violence conjugale au Sénégal : le silence complice des médias

le silence n’est plus une option!!!
Ces derniers jours, le Sénégal est secoué par une affaire tragique : la mort d’une jeune tiktokeuse, victime présumée de violences conjugales. Un drame de plus… mais peut-être aussi un tournant.
Car au-delà de l’émotion et de l’indignation, une question s’impose : combien de femmes doivent encore souffrir ou mourir avant que la société ne dise clairement non à cette violence ?
La violence conjugale n’est pas un fait divers banal. C’est un phénomène profond, enraciné dans des mentalités, des silences et parfois même dans une forme de banalisation. Trop longtemps, ces violences ont été reléguées à la sphère privée, comme si ce qui se passe dans un foyer ne concernait que ceux qui y vivent. Pourtant, derrière chaque porte fermée, il peut y avoir une détresse invisible.
Dans ce contexte, le rôle des médias est crucial. Informer ne suffit plus. Il faut éclairer, éduquer et responsabiliser. Chaque mot compte. Chaque titre peut soit protéger une victime, soit renforcer sa peur. Le traitement médiatique doit donc être à la hauteur de la gravité du sujet.
Informer, ce n’est pas exposer. Ce n’est pas chercher le sensationnel ni alimenter les rumeurs. C’est donner des faits vérifiés, contextualiser, expliquer les mécanismes de la violence et orienter vers des solutions. C’est aussi refuser de tomber dans le piège du jugement facile, notamment celui qui consiste à interroger le comportement de la victime plutôt que celui de l’agresseur.
Un journalisme responsable, c’est un journalisme qui protège. Qui donne la parole sans exposer. Qui sensibilise sans choquer inutilement. Qui comprend que derrière chaque histoire, il y a des vies, des familles, des traumatismes.
Aujourd’hui, plus que jamais, les médias sénégalais ont une responsabilité historique : celle de contribuer à briser le cycle de la violence. En changeant la manière de raconter ces drames, ils peuvent participer à changer les mentalités.
Le silence a trop duré.
Il est temps de parler.
Il est temps de parler. Mais surtout, il est temps de parler juste.
Mame Faty MBAYE | Voix citoyenne

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