
Après la défaite du Sénégal face à la Belgique, la douleur était immense. Une élimination fait mal. Très mal. Chaque Sénégalais rêvait de voir les Lions poursuivre leur aventure.
La déception est donc légitime. Les critiques aussi.
Mais une question mérite d’être posée : à partir de quel moment la critique cesse-t-elle d’être constructive pour devenir de l’acharnement ?
Aujourd’hui, certains joueurs sont insultés, humiliés et désignés comme les seuls responsables d’une défaite qui appartient pourtant à toute une équipe. L’un d’eux a même été contraint de supprimer son compte sur les réseaux sociaux à cause de la violence des attaques.
Est-ce vraiment cela, soutenir son équipe nationale ?
Nous applaudissons ces joueurs lorsqu’ils nous offrent des victoires historiques. Nous chantons leurs noms, nous les portons en héros. Mais au premier échec, certains veulent les condamner comme s’ils avaient volontairement perdu.
Le football est fait de joies et de déceptions. Même les plus grandes nations connaissent des éliminations douloureuses. Les meilleurs joueurs du monde passent aussi par des moments difficiles.
Nos Lions ne sont pas parfaits. Ils ont sans doute commis des erreurs. Ces erreurs doivent être analysées avec lucidité afin que le Sénégal revienne plus fort. Mais aucune erreur sportive ne justifie les insultes, le harcèlement ou le lynchage sur les réseaux sociaux.
Un supporter se reconnaît surtout dans les moments difficiles.
Aujourd’hui, nos joueurs ont plus que jamais besoin de critiques intelligentes, de soutien et d’encouragements. Car demain, ce sont eux qui porteront encore les couleurs du Sénégal.
La défaite passe. Les blessures des mots, elles, peuvent rester toute une vie.
Sokhna Mame Faty Mbaye




