
Fille ainée de Cheikh Ahmadou Bamba, Sokhna Fatima Dia Mbacké demeure l’une des figures féminines les plus marquantes de l’histoire du mouridisme. Née vers 1879, du vivant de son grand-père Mame Mor Anta Saly, elle reçut de ce dernier le prénom de Fatima. Un héritage symbolique auquel son père accordait une grande importance.
Élevée auprès de son père, Sokhna Faty Dia comme on l’appelait communément, bénéficia très tôt d’une formation religieuse rigoureuse. Elle apprit le Coran, approfondit les sciences islamiques et se distingua particulièrement en jurisprudence musulmane ainsi qu’en littérature arabe. Son érudition et sa maîtrise des disciplines religieuses lui valurent une reconnaissance unanime au sein de son entourage.
Selon les témoignages rapportés par ses proches, elle incarnait une profonde spiritualité et comptait parmi les grandes adeptes de la voie mystique enseignée par son père. Son engagement se traduisit également par un rôle majeur dans l’éducation religieuse de nombreuses filles de Cheikh Ahmadou Bamba ainsi que de plusieurs jeunes mourides.
Sur instruction de son père, Sokhna Fatima Dia Mbacké épousa successivement Serigne Mor Sokhna Bousso, puis Serigne Darou Assane Ndiaye. Après le décès de ce dernier, elle fut mariée à Serigne Mouhamed Sakhir Mbaye, de Louga. N’ayant pas eu d’enfant, Cheikh Ahmadou Bamba lui recommanda de considérer sa demi-sœur, Bousso Dia Mbacké, comme sa propre fille.
Avec ses frères et sœurs, elle entretenait des relations empreintes de respect mutuel et de fraternité. Elle considérait ses frères comme des guides spirituels, tandis que ces derniers lui témoignaient une profonde considération. L’attachement que lui portaient les descendants de Cheikh Ahmadou Bamba se manifesta également à travers le choix de son prénom donné à plusieurs de leurs filles. Serigne Mouhamadoul Amine Bara, par exemple, prénomma sept de ses filles Fatima en son honneur.
La construction de la Grande Mosquée de Touba occupait une place centrale dans la vie de Sokhna Fatima Dia Mbacké. Animée d’un profond esprit de sacrifice, elle n’hésitait pas à vendre ses bijoux afin de contribuer financièrement au chantier. Elle émettait les fonds à Serigne Modou Moustapha, Serigne Fallou et Serigne Abdoul Ahad.
Son soutien ne se limitait pas aux contributions matérielles. Elle préparait également des repas destinés aux ouvriers du chantier ainsi qu’aux groupes chargés de la récitation du Coran, participant ainsi activement à cette œuvre majeure de la communauté mouride.
Sokhna Fatima Dia Mbacké s’est éteinte en 1969, à l’âge de 91 ans. Serigne Abo Bachir Mbacké revient ici sur la vie de cette figure marquante du mouridisme.



